Nous vous proposons de vivre un moment des championnats d’Europe 2009 à travers l’expérience de Lyse Anne Planchenault, membre de l’équipe de France cadette de vitesse, qui nous a gentiment donnée l’autorisation de publier cet article extrait de son blog

Lyse Ann Planchenault

 

Le mental y était, et pourtant…

C’était le samedi 01 Août , et je n’avais que cette finale du 5000m à élimination en tête…

L’après midi, les séries qualificatives étaient à 16h00. Pas tellement de stress, juste l’envie d’être dans cette course. Après une petite matinée à l’hotel avec les plus « fondeur » , je suis partie à la piste.
Il devait être 15h15 lorsque j’ai commencée à mettre les patins pour aller m’échauffer. Il faisait beau, j’avais même sortie les lunettes pour rouler (: Assez confiante, il était l’heure de se placer sur la ligne. J’étais dans la même série qu’Agnes. Nous n’avions pas tellement de « consignes » à respecter, simplement : se qualifier .

Cette série s’est très bien passé. Je me sentais si bien dans la course. Tous les tours, une éliminée. J’adore les courses à éliminations. Il faut avoir un bon placement , toujours être vigilante ,rester devant, et gérer au mieux sa course (; A tout les tours je regardais Estelle, bonne attitude ou pas, je n’en sais pas grand chose, mais ça m’a bien aidé. Je savais ce qu’elle me disait quand je l’a regardais, je savais quand est ce qu’il fallait remonter, garder ma place, aller devant… En course, parait -il que j’ai tendance à faire quelques fautes, du moins , je ne me laisse pas faire.

Je suis assez petites sur les patins par rapport aux autres (: alors il m’est parfois difficile de prendre ma place 🙂 J’étais bien derrière les deux Italiennes ma fois (: A deux tours, le rythmes s’est accéléré. Les Italiennes et moi n’avons pris qu’un ou deux mètres d’avances sur la 4ème. Au dernier tour, je ne savais pas tellement s’il fallait que je sprint pour avoir la première place ou non.. Je m’impressionne toujours lorsque j’arrive à me poser les questions lorsque je suis dans le dernier tour d’une course! 🙂 Je finis donc 3ème, ce qui n’est pas trop mal.

 

 

Je crois que les entraîneurs étaient content de ma course. Ils nous ont mis en confiance, j’en avais bien besoin, car le stress est monté d’un coup après avoir mangé ( 45minutes avant notre finale) .

C’est à 19h45 que j’ai commencée à remettre les patins pour me préparer à ma finale qui allait débuter dans 45 minutes. Pour rester concentrée et stresser le moins possible, j’adorais écouter « Francis– Cœur de Pirate » avec l’Ipod d’Aurore et le casque audio de Gwendal 🙂 Chacun son petit « truc » .

Je me sentais bien lors de l’échauffement. Pour une fois, je ne parlais pas beaucoup. J’étais très confiante, je me suis rendu compte une heure après que je l’étais un peu trop…
J’imaginais passer la ligne, les bras levés… Bref -_-‘

20h30, un peu de stress, je l’avoue. Mais j’avais hâte. Dans ma tête , je me disais :  » dans 15minutes, je me dirais ; si j’avais su…  »
« Si j’avais su » quoi? – Si j’avais su que j’allais gagner ?
« Si j’avais su » quoi? – Si j’avais su que j’allais être disqualifié ?
« Si j’avais su » quoi? – Si j’avais su que j’allais tomber ?
« Si j’avais su » quoi? – Si j’avais su que ce serais le plus beau moment de ma vie ? Etc…
Toutes ces questions , il fallait que je m’en débarrassent avant d’être sur la ligne . Alors je me suis assise dans le milieu de la piste, dans la chambre d’appel, et j’ai chanter « Francis » dans ma tête. : )
Stupide ? Tss j’avoue 😀

« La France  » ! C’était à nous, j’étais avec Marie et Agnès en finale, et il était temps de ce placer sur la ligne.
J’étais placée 6ème sur la ligne. Il faisait presque nuit, du moins ils avaient allumés les lumières au dessus de la ligne de départ. « Nous ne sommes pas là pour être Champion d’Europe , nous sommes là pour gagner » : chercher l’erreur 🙂 Merci Alain . Le plus drôle c’est que nous n’avons compris cette phrase là qu’a la fin de ces championnat .. Et cette phrase était bien vrai. Je n’étais pas sur la ligne pour être championne d’Europe, j’étais ici pour gagner, et dans ma tête, j’étais si confiante que c’était déjà fait…

Le juge lève son pistolet pour donner le coup de départ, et voilà , j’étais bel et bien dans ma course. Je me suis entraînée pendant toute une année pour être ici. L’important était désormais d’en profiter, et de gagner.

Je suis bien partie ( par rapport aux autres fois, grâce à mes départs assez catastrophique ) .

 

25 tours à faire, 5000m. Mais pour moi , ce ne sera pas 5000m , mais 2km, et encore… Quatrième ou cinquième tours, je ne m’en souviens plus très bien, je chute. Je ne sais plus comment c’est arrivé. Je me suis très vite relevée, pour essayer de rattraper le peloton, mais c’était impossible. Les juges me demandent de sortir de la course, je rentre au milieu de la piste, si j’avais su – que j’allais tomber ...

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